Festival de l’APU Fives

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50 ans de métropole, 50 ans de projets anti-sociaux pour une ville à l’image de celles et ceux qui la construisent : toujours plus bétonnée, gentrifiée et sécuritaire. Il fallait bien fêter ça…Mais les projets de rénovation urbaine façon bulldozer et mixité sociale forcée, à coups de pression et d’expulsions ne se sont jamais déroulés sans conflits.

Car en face aussi, on s’organise. Hier à l’Alma-Gare, aujourd’hui au Pile, à la Lionderie, à Lille-sud, à Fives… Les quartiers populaires n’ont jamais été les déserts politiques que les pouvoirs publics se sont toujours évertués à décrire, pour mieux ignorer les revendications de leurs habitant.es.

L’Atelier Populaire d’Urbanisme de Fives, organisation de défense des habitant.es de Fives (et d’ailleurs) face aux projets urbains et au mal-logement, vous invite donc à passer une semaine à tenter de dessiner les contours d’une ville populaire, non-marchande, choisie et transformée par celles et ceux qui l’habitent. Projections, débats, cantines, concerts, manifs, balades urbaines seront l’occasion de se rencontrer et de rencontrer celles et ceux qui se battent pour leur logement, leur rue,leur quartier.

De notre côté, ce sont les 50 ans du « Droit à la ville », l’ouvrage de l’ami Henri Lefèbvre, qu’on préférera célébrer. Sans oublier que ce week-end marquera également la fin de la trêve hivernale et la reprise des expulsions de squatteur.seuses, locataires et autres habitant.es précaires pas assez productifs pour la métropole du 21ème siècle. Une bonne occasion pour s’organiser, non ?

Lundi 26 mars à 12h30 (APU Fives, 57 rue de Flers) : Cantine d’ouverture du festival « A nous la ville ! »

Pour cela, quoi de mieux qu’une cantine d’ouverture au local de l’APU Fives, qui comme chaque lundi vous convie à venir vous rassasier en bonne compagnie ? Rendez-vous à 10h pour les plus motivé.es pour mettre la main à la pâte ! Une présentation de la semaine à venir sera également proposée à l’issue du repas.

Vegan et à prix libre !

Mardi 27 mars à 19h (APU Fives, 57 rue de Flers) : Projection de « Pile : permis de démolir », la lutte des habitant.es du Pile face à la rénovation de leur quartier

Depuis plusieurs décennies à Roubaix, le quartier du Pile se vide progressivement de ses habitant.es. En attestent ses dizaines de maisons ouvrières murées par les pouvoirs publics dans l’attente du lancement d’un projet de rénovation du quartier.

Celui-ci est finalement lancé en 2013 avec pour objectif de « dédensifier » un quartier peu adapté aux constructions modernes et aux objectifs de « mixité sociale » fixés par la mairie.

Pensant pouvoir être associé.es à la rénovation de leur quartier, de nombreux.ses habitant.es se rendent comptent du peu de place qui leur est accordée et décident alors de s’organiser avec le soutien d’associations locales.

Ce documentaire revient sur une lutte de plus de deux ans entre un collectif d’habitant.es et les décideurs d’un projet de rénovation urbaine d’un quartier populaire comme il en existe bien d’autres en France.

A partir des témoignages de plusieurs de ses acteur.trices, nous avons voulu souligner les effets de ces processus de rénovation dans le quotidien des habitant.es qui en sont l’objet, ainsi que les méthodes employées pour mener à bien ces projets censés prendre en compte leurs attentes, leurs espoirs ou leurs craintes pour l’avenir d’un quartier dans lequel la solidarité et les liens de voisinage sont une ressource fondamentale.

De la formation d’une mobilisation collective aux difficultés face au manque de moyens d’action en passant par un sentiment de mépris régulièrement dénoncé, ce documentaire permet également de retracer les étapes d’une lutte rappelant que les quartiers populaires sont loin d’être des déserts politiques.

La projection sera suivie d’une débat avec les réalisateurs et des habitant.es du quartier. Entrée libre et restauration sur place à prix libre !

Mercredi 28 mars à 19h (APU Fives, 57 rue de Flers) : Projection de « Pied de biche », Dans les espaces autogérés des Tanneries et des Lentillères (Dijon)

Ils squattent, « mais ce n’est pas une fin en soi, c’est un outil pour lutter (…) » disait l’un d’eux en 1997, un outil qui leur permet de s’emparer d’un maximum d’aspects de leur vie. En 2001, les Tanneries sont devenues un lieu « culturel » conventionné, tout en gardant une indépendance totale vis à vis de la mairie. En 2010, le quartier des Lentillères, voisin des Tanneries, préempté par la ville en vue de la construction d’un éco-quartier a commencé à être défriché et remis en culture. En 2015, suite à de longues luttes, une pression constante exercée sur la municipalité, l’équipe des Tanneries a déménagé dans le grand bâtiment d’une zone excentrée de la ville et la mairie a renoncé pour un temps à une partie de la construction de l’éco-quartier sur les terres maraîchères des Lentillères. Presque vingt ans après la première soirée organisée dans « un squat pourri », nous sommes à un moment charnière pour les habitants et habitantes des Tanneries et des Lentillères : 1 600 000 euros déboursés par la mairie, et un bail de 12 ans, gratuit, pour l’équipe d’excité.e.s. ainsi que la préservation des jardins partagés et la construction d’habitats en tous genres pour un temps incertain mais plein de promesses.

« Pied de biche »  est un film documentaire dans des lieux squattés et autogérés, avec les personnes qui rendent possible ces espaces d’utopies joyeuses et rigoureuses. L’idée est de mettre en avant le positionnement radical des habitants et habitantes des « Tanneries » et du « Quartier Libre des Lentillères ».

Dans un contexte où les élus passent leur temps à tenter de convaincre nos contemporains du « besoin de cohésion nationale », où l’on stigmatise toute pensée divergente d’autogestion, où les canaux de diffusion de la démocratie présentent les squatteurs comme des assistés paresseux et les étrangers comme une source de dangers pour notre culture, ce film se veut un film-tract, un « pied de biche » placé à cet endroit précis des imaginaires.

Cette envie de réalisation part de la lecture d’un texte : « CHRONIQUES DU PIED DE BICHE ». Un point de vue subjectif sur une expérience de 15 ans de vie en squat.

Avec la présence du réalisateur et d’habitant.es du Quartier libre des Lentillères. Entrée libre et restauration à prix libre !

Jeudi 29 mars à 19h (Bar le Alt’o Post, Place Degeyter) : Apéro-Brique !

Pour la sortie du dernier numéro de La Brique, journal de critique sociale, réalisé pour l’occasion avec l’APU Fives, on vous convie au Alt’o Post pour discuter des différents articles du canard avec leurs auteur.es ! L’Erreur est urbaine…

 Vendredi 30 mars à 18h (Bourse du Travail, Boulevard de l’Usine) : Un toit pour tou.t.es ! Soirée de mobilisation conte les expulsions

Accueil à partir de 18h

18h30 : Présentation de la brochure d’autodéfense
du Collectif anti-expulsions Lille & retour sur les ateliers

Locataires, squatteurs.euses, étudiant.es, précaires… pas de quartier face aux expulsions. Le Collectif anti-expulsions Lille a tenté de regrouper dans une brochure l’ensemble des pratiques d’expulsions et les outils, juridiques et collectifs, afin d’y faire face, quelle que soit notre manière d’habiter.

Il s’agit d’un outil d’autodéfense nourri de rencontres et d’échanges avec des militant.es, des avocat.es et des personnes visées par ces mesures.

Cette soirée permettra de présenter ce travail et de discuter collectivement des suites à donner collectivement pour faire face, alors que la trêve hivernale se termine et que les expulsions vont reprendre…

19h00 : Débat « Expulsions : comprendre pour mieux
combattre » suivi d’une discussion collective

Avec Camille François, auteur de « Déloger le peuple », le Collectif anti-expulsions Lille et d’autres collectifs ou personnes en lutte (Collectif des Olieux, Quartier libre des Lentillères…).

21h30 : Spectacle « Vide quartier » par Mwano, Zoranne et Janoé

Un aller-retour dans la vie des barres du quartier des Biscottes à Lille-sud, détruites en 1989 et de la Bourgogne à Tourcoing.

22h30 : DJ set avec DJ Osiris Soulquest & DJ Franck

Et des surprises…

++++ bar et cantine à prix libre ++++

Samedi 31 mars à 14h30 : Manif et Soirée de soutien à l’APU Fives

14h30 : Manifestation contre la fin de la trêve hivernale, la reprise des expulsions et les politiques du logement antisociales.

A partir de 17h : Soirée de soutien à l’APU Fives (Bourse du travail, boulevard de l’Usine)

Près de cinq ans que l’APU agit en particulier dans les quartiers de Fives, Saint-Maurice et Hellemmes et plus généralement dans l’agglomération lilloise.

Nous soutenons et accompagnons les familles concernées par des impayés de loyers, l’insalubrité des logements ou des conflits locatifs. Mais l’APU c’est aussi des habitant.e.s du quartier qui se mobilisent pour peser sur les politiques urbaines : rénovation des friches et des courées, expulsion des habitant.e.s des quartiers populaires, etc.

Mais aussi :

  • des cantines populaires, chaque lundi midi à prix libre
  • des ateliers thématiques collectifs autour des problématiques rencontrées par les habitant.e.s (prévention et lutte contre les expulsions ou l’habitat indigne, soutien aux collectifs d’habitant.e.s mobilisés sur le quartier…)
  • une bouquinerie, lieu ressource sur les questions d’habitat et d’urbanisme
  • un journal (Le Triton libéré) diffusé dans tout le quartier, présentant les actions de l’APU Fives et les mobilisations locales
  • des balades urbaines festives permettant de partir à la découverte du quartier, de ses luttes et de ses enjeux passé.e.s et actuel.le.s
  • Une émission de radio diffusée chaque premier samedi du mois à 12h30 sur Radio Pastel (99.4 FM) et que vous pouvez réécouter sur notre site !

Mais tout n’est pas rose pour l’asso. Travaillant avec deux salariés à mi-temps, la question de la pérennité du travail effectué reste encore d’actualité. En effet, les subventions ne suivent pas l’augmentation du nombre de familles accompagnées et le travail réalisé au quotidien.

Alors ce samedi 31 mars, on fait appel à vous, à votre présence pour soutenir l’APU Fives. Et même si on galère, pas de raison pour ne pas vous accueillir avec un petit programme festif où l’on pourra discuter gentrification et luttes urbaines entre un tour de chant et de délicieuses pizzas… A NOUS LA VILLE !

(Vous pouvez aussi faire des dons à l’adresse suivante : https://www.helloasso.com/associations/apu-fi…

17h30 : Compagnie EsPASces possibles ?

Conférence gesticulée sur les délires des transformations urbaines : « participation, piège à cons ? » et tour de France des alternatives à l’urbanisme technicien et antisocial à coups de bulldozer et de chasse aux pauvres.

19h : Apéro en fanfare !

Avec la fanfare de lutte, des chorales invité.es et vos gorges déployées.

21h : Bal de l’APU !

Jusqu’à pas d’heure avec Psykokondriak, Zeuzloo, Grüppe, Neebiic et d’autres surprises…

++++ Bar / cantine et pizzas à prix libre ! ++++

Dimanche 1er avril : Balade urbaine et rencontre avec des quartiers en lutte

11h00 : Balade urbaine! (départ métro Saint-Maurice Pellevoisin)

Une balade urbaine sur les traces de la bourgeoisie locale, avec la compagnie La Vache bleue. Arrivée prévue à la Bourse du Travail.

13h00 : Cantine à prix libre (Bourse du travail, boulevard de l’usine)

14h30 : « Habiter, c’est décider ! » (Bourse du travail, boulevard de l’usine)

Contre la rénovation bulldozer, une discussion avec les habitant.e.s en lutte de l’agglomération lilloise (mais pas que !) :

  • Au Pile (Roubaix), les habitant.es de ce quartier ouvrier sont sommés de quitter les lieux pour laisser place à un projet urbain sensé apporter au quartier la « mixité sociale » tant recherchée par les pouvoirs publics. Mais autour d’une « Table de quartier », attaché.es à leur vie au Pile, des habitant.es s’organisent depuis plus de trois ans pour faire face, défendre leur logement et leurs voisin.es, malgré la dégradation du quartier et les maisons murées…
  • A la Cité familiale de la Lionderie (Hem), une ancienne cité de transit avait déjà connu dans les années 80 une lutte de ses habitant.es pour obtenir la rénovation du quartier et refuser les expulsions. Qu’à cela ne tienne, un nouveau projet arrive en 2016 avec une idée « ambitieuse » : tout raser, disperser les habitant.s de la cité et installer des classes moyennes.
  • A l’Îlot Pépinière (Saint-Maurice Pellevoisin), le dernier bail agricole de Lille, situé non loin du centre Lille-Europe, était sensé disparaître sous les tentacules d’Euralille. Mais depuis plus de 4 ans, ses habitant.es font de la résistance, refusent de céder leurs logements et attaquent toutes les tentatives de travaux mises en place par les aménageurs du projet !
  • Rue Simons (Lille-Sud), c’est encore Euralille qui fait des dégâts : le projet de centre commercial Lillénium qui doit sortir de terre dans ce quartier populaire doit bénéficier d’un cadre chatoyant pour attirer les client.es du tout-Lille. Alors quoi de mieux que d’utiliser l’argent de la Politique de la Ville pour expulser les habitant.es des rues faisant face au projet pour faire de belles façades qui donneront à Lille-Sud une touche plus gentry ?

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